De nombreuses thèses différentes et souvent contradictoires concernent l'histoire du Tarot de Marseille. Elles en situent l'origine avant la fabrication de ces œuvres d'art italiennes du XVe siècle. Elles ont toutes en commun de voir dans le Marseille le Tarot originel, un proto Tarot qui prédaterait ces jeux trouvés dans le nord de l'Italie, en Lombardie. Plusieurs pistes ou sources se croisent, selon qu'on considère le Tarot de Marseille comme un jeu de cartes, un objet historique médiéval ou un outil dédié à la divination, ce qu'il pourrait bien être tout à la fois.
Les historiens, autodidactes ou universitaires, des jeux de cartes ne s'accordent donc pas. Certains postulent qu'il aurait existé dans l'Antiquité des jeux de cartes divinatoires en égypte, comme ce mythique tarot égyptien ou « livre de Thot », très proche du Tarot de Marseille selon eux (rien de semblable n'a jamais été trouvé par les archéologues) et en Grèce, amenés, a-t-on dit souvent, par les gitans (qui étymologiquement signifie venant d'Égypte), peuple d'origine indienne. Cette culture des cartes divinatoires pourrait donc être originaire d'Inde, bien que les jeux de cartes eux-mêmes seraient originaires de Chine. Ils auraient transité en Europe par le biais des Arabes sous le nom de naibis.
Une thèse récente voit dans les images du Tarot de Marseille la transposition d'éléments relevant de l'iconographie romaine liés aux cultes et rituels initiatiques de Bacchus. Son auteur pense y avoir décelé les indices d'une transmission historique datant du monde du théâtre de l'Antiquité tardive - sous le patronage de Dionysos-Bacchus - jusqu'au Moyen Age. Cette transmission se serait faite par le truchement de professionnels itinérants du spectacle populaire, les anciens « bohémiens », suivant un chemin semblable, si ce n'est pas le même, qui mène de l'ancienne comédie atellane romaine (et osque auparavant) jusqu'à la commedia dell'arte où règnaient certaines marionnettes lyonnaises comme Polichinelle (anciennement Maccus).
Une autre de ces approches met de l'avant l'hypothèse d'une création médiévale bénédictine du jeu. Son promoteur, Rom, se base sur sa découverte d'un code dans le nom en français des lames du Tarot de Marseille de Nicolas Conver. Le jeu serait l'œuvre d'un regroupement de moines bénédictins dirigés par l'abbé Suger. Le groupe aurait agit secrètement dans le scriptorium de la basilique Saint-Denis au milieu du XIIe siècle. Ce travail aurait été réalisé en parallèle avec la réfection du célèbre bâtiment religieux qui est à la base de l'art gothique. Des éléments communs à la basilique et au jeu permettent d'étayer cette thèse qui a connu une large diffusion au début des années 2000. L'existence du code du Conver n'est pas remise en question. Les conclusions que Rom en tire ne font cependant pas l'unanimité.
Une autre théorie intéressante développée par le cartier Jean-Claude Flornoy est celle de la "piste arménienne". Selon cette thèse, une fraternité de dessinateurs et sculpteurs de cathédrales romanes, des chrétiens français, auraient émigré suite à la fin de l'ordre du Temple vers la Cilicie (Petite Arménie). Ils y auraient créé le tarot et seraient revenus avec en Italie du nord vers 1375, chassés par les Mamelucks qui a cette date avaient envahi leur pays d'accueil. Le tarot serait donc la quintessence de la spiritualité des fraternités de constructeurs du moyen-âge, diffusée de nouveau à l'Europe entière depuis la Lombardie selon un mode opératif discret.
On trouve également une théorie dite du Lexique hébreux. Elle suggère que le jeu a été conçu afin d'intégrer les 22 lettres de l'alphabet hébreu dans les images qui décorent les lames majeures du Tarot de Marseille. Comme le développement de sa théorie fait l'objet d'une mise en forme commerciale, le débat se fait surtout entre ceux qui se sont procuré le E-Book. La théorie a abondamment été réfutée. Et elle ne remet pas en question la théorie d'origine lombarde du jeu.
Un des éditeurs de jeu de cartes marseillais, soutient quant à lui que le jeu a été inventé à Marseille. Sa théorie fait intervenir les bâtisseurs de cathédrales romanes et le moine marseillais Cassien. L'auteur n'apporte cependant que bien peu d'éléments susceptibles d'étayer sa thèse.